Espagne : Le rire c’est comme les essuie-glaces (faut lire l’article pour comprendre)

Le rire, comme les essuie-glaces, permet d' avancer même s' il n' arrête pas la pluie – G Jugnot

Dans un autre genre que le thème du voyage en bateau qui a nourri ce blog durant quelques années, je vais vous conter ce jour une anecdote… Si on ne surfe plus sur les mêmes thèmes, on garde un point commun : l'eau.

Et vraiment sans trop de trucages ni même d'exagération….(vous me connaissez)

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Mercredi dernier, nous étions avec le capitaine (il a gardé son titre) parti faire du sport dans une salle de gym comme nous le faisons désormais un jour sur deux depuis notre arrivée en Espagne.

J'avais décidé ce jour-là de faire un cours plutôt intensif. (#maispourquoi?)(#jevousenposedesquestions?)

Depuis le temps, vous connaissez, les gens, ma perspicacité… qui, malheureusement ce jour-là, s'est réveillée deux minutes trop tard….

Car c'est au bout de deux minutes de cours que j'ai su sans l'ombre d'un doute que j'allais en baver. Sévère. Grave

Tout le monde fait des erreurs, même la meilleure des Blondie au mieux de sa forme.

L'avenir, c'est à dire les 48 minutes qui suivirent, me donna raison. Tel un chewing-gum collé à mes semelles, l'impression de courir un marathon en sprint entrecoupé de sauts de cabri de me quitta pas (oui je sais ça parait bizarre). La prof, une autre Blondie mais d'une hauteur de 1,90 m tout en muscle hurlait ses instructions tant et si bien qu'elle induisait le réflexe citoyen, et ce même pour quelqu'un n'ayant pas fait l'armée, de répondre à chacun de ses ordres par un « oui chef” (à moins que je n'aie trop regardé la septième compagnie).

Bref, au bout d'un moment (48 minutes très exactement), le cours a fini par se terminer. Alléluia.

Pour marquer le coup, la prof a cru bon de venir échanger une petite tape dans les mains avec les trois rescapées (dont votre servitrice faisait parti)(je suis une guerrière).

Par contre ma perspicacité s'était encore fait la malle.

Je n'avais pas anticipé que Blondiebis donnerait à sa main un élan tel qu'elle pourrait me faire tourner comme une toupie.

Bon, à un moment donné j'ai arrêté de tourner et, sans transition, me suis rhabillée avant de repartir vers ma maison.

À la sortie du gymnase, une question dont l'importance était proportionnelle à la douleur que je ressentais dans les jambes s'est posée à moi : valait-il mieux partir sur la gauche vers la mer et marcher un petit peu plus jusqu'à mon scooter ou bien aller à droite et marcher un peu moins mais devoir prendre des escaliers ? D'ailleurs pourrais-je monter des escaliers sans donner l'impression d'avoir 90 ans ?

J'ai opté pour les escaliers.

Je n'avais qu'une hâte, arriver chez moi et m'asseoir.

Sauf que…

Nous arrivions en haut de l'escalier du premier étage de notre immeuble (oui j'ai pris l'escalier pour aller à mon appart'… non parce qu'on habite au premier étage, ce qui pourrait être une raison suffisante, mais plutôt du fait de l'absence d'ascenseur dans l'immeuble) (et non Xavier ne voulait pas me porter) quand Xavier s'est arrêté : l'étage était à moitié inondé.

Mazette…

Figurez-vous que certes l'étage était à moitié inondé mais sur la bonne moitié, c'est-à-dire pas la nôtre.

Enfin plutôt devrais-je préciser pas encore la notre.

C'est à ce moment-là que je rendis grâce aux constructions se voulant récentes et modernes avec des sols qui, n'ayant jamais vu l'ombre d'un niveau, présentent une pente digne d'une petite piste verte (par contre rien à redire sur la planéité, le constructeur devait savoir qu' il n'y a pas de bosse sur les pistes vertes).

Ainsi donc l'eau coulait en suivant la piste verte depuis l'appartement fautif vers celui de notre voisin anglais.

Je dois à ce moment de l'histoire, vous expliquer que l'eau avait été coupée dans notre immeuble depuis huit heures le matin et devait revenir vers 14 heures.

Il était 13h30, et manifestement l'eau était revenue plus tôt que prévue.

Et elle coulait à flots depuis l'intérieur d'un des appartements de l'étage, les propriétaires avaient du laissé un robinet ouvert. Du moins on l'espérait, car sinon c'était une canalisation qui avait pété et hélas c'était légèrement plus grave.

Notre malheureux voisin était donc en train de tenter d'évacuer l'eau de chez lui, ce qui, par voie de conséquence voulait dire envoyer l'eau dans le couloir et donc dangereusement vers notre appartement car la petite piste verte n'était pas assez pentue pour lui renvoyer toute l'eau chez lui.

Mais non je rigole.

Je me suis rapidement emparé de tout ce qui pouvait éponger afin de l'aider à évacuer l'eau autre part que dans mon appartement.

Donc par ordre d'urgence, nous avons commencé par mettre tout ce qui pouvait absorber un peu d'eau genre des coussins sous la porte de l'appartement fautif. Au moins ça ralentissait quelque peu le débit.

Pendant ce temps, nous avons opté pour la seule solution envisageable afin d'évacuer l'eau plus rapidement qu'elle n'arrivait à savoir l'envoyer vers le rez-de-chaussée.

N'ayant qu'un seul ballet éponge, et ce dernier étant déjà utilisé par votre servitrice, Xavier se dévoua pour aller chercher les clés de la porte du compteur d'eau afin de la couper (c'est pour ça qu'il est chef, chef)(#septiemecompagnie)

Celui-là ne perd jamais sa perspicacité.

Nous demandâmes tout d'abord à notre voisin s'il avait appelé l'agence de location qui peut-être détenait des clés. Il marmonna un vague truc en Anglo espagnol et nous tendit le téléphone, sur lequel il avait composé le numéro de son agence à Xavier. Donc manifestement non il n'avait pas demandé les clés à l'agence.

Trois minutes plus tard Xavier nous annonça que l'agence n'avait pas les clés.

Nous demandâmes alors au voisin si il était monté au deuxième étage demander aux locataires si par hasard ils avaient les clés. Il nous répondit que non, les voisins du dessus ne parlant pas anglais mais seulement espagnol.

Parfois la réalité dépasse la fiction.

Donc, grosso modo, nous étions en train d'éponger comme des petits fous parce que il n'avait pas vérifié, pour des raisons de langage, que les voisins du dessus avaient une clé… ma perspicacité, ainsi que les courbatures, revinrent au galop et je lui indiquais que le langage des signes aurait pu fonctionner.

M'est avis que, en montrant la quantité d'eau présente en premier étage, les voisins auraient compris.

Xavier partit donc en mission au deuxième étage et revint bredouille.

Ayant réussi à évacuer quasiment toute l'eau de l'appartement du voisin, et voyant que nous étions en bonne voie pour évacuer celle du couloir, Xavier me dit qu'il partait faire la cuisine. Il me laissait donc avec un ballet éponge, des courbatures, ma perspicacité, et notre voisin anglais qui montait complètement en pression.

Il y a des jours comme ça où il aurait mieux valu ne pas se lever.

J'essayai tant bien que mal de faire quelques blagues à la noix afin de le dérider.

A un moment, il me demanda ce qu'on disait en français dans ce genre de situation.

Je cherchai vainement quelque chose à répondre en français lorsqu'il balança un « sacrebleu”, avant de me demander si ce mot convenait.

Je lui indiquais que sacrebleu était adapté si nous étions des contemporains de Zola, ce que, manifestement, nous n'étions pas puisque au lieu de travailler à la mine

nous étions en train d'éponger un trop-plein d'eau courante dans un immeuble lui-même doté d'électricité.

Je lui indiquais qu'aujourd'hui un simple « merde » suffirait (#jenesuispasmaîtrecapelo).

Mais mon répit fut de courte durée, il reprit ses thèses findumondistes.

Il se remit à râler après le voisin fautif… puis je le perdis.

« Non mais parce qu'ils sont marocains… et si ça se trouve, ils sont partis ce matin au Maroc et ne reviendront que dans quelques jours…ou semaines,,, et comment va-t-on faire ?”

Je lui répondis que évidemment nous trouverions une solution autre que mettre en place des quarts pour éponger l'eau pendant une semaine.

Il continua sa litanie.

« On fera venir les pompiers, on fera défoncer la porte, on fermera les robinets, bla-bla-bla… ».

Xavier, qui était toujours dans la cuisine en train de préparer le repas, et qui avait laissé la porte d'entrée ouverte afin de marquer un genre de solidarité relative avec nous, nous prouva encore une fois sa perspicacité et son grand sens de l'observation de la vie de l'immeuble qui lui vaut de ma part le sobriquet de concierge.

Il nous indiqua que non ils n'étaient pas partis au Maroc (quand je pense que je ne savais même pas qu'ils étaient marocains) car ils les avaient vus partir au boulot ce matin. D'ailleurs selon lui ils ne devraient pas tarder à rentrer. Ce garçon est étonnant. Si je ne l'avais déjà fait, je rajouterais que je le suivrais jusqu'au bout du monde

Et en effet, 10 minutes plus tard, la fleur au fusil, voilà notre petit couple revenant dans ses pénates.

Je leur criai avant qu'ils ne montent l'escalier de bien faire attention car tout était mouillé et glissant, et c'est là que je me rendis compte que je ne connaissais pas le mot glissant en espagnol, mais bon, rien ne semblait empiéter leur nonchalance qui rendait notre anglais rouge de colère.

La vue de coussins devant leur porte d'entrée ne sembla pas non plus les inquiéter plus que ça, je me sentis donc obligée de préciser, avant qu'on ne perde définitivement notre anglais, qu'il y avait une inondation venant de chez eux.

Leur accélération fut immédiate, et, en moins de deux secondes, nous fûmes sauvés des eaux.

Ils échangèrent deux ou trois mots en arabe, ce qui bizarrement conduit l'anglais à s’enquérir auprès de moi d'une traduction (???)

Mais oui, c'est cà, pour une traduction en espagnol tapez 1, pour une traduction en anglais tapez 2… Mais il n'y a pas écrit méthode assimil sur mon front hein !

Puis le petit couple se confondit en excuse et vint immédiatement me débarrasser de mon balai éponge afin de prendre le relais.

Le gars m'expliqua, en espagnol, car rien ne le poussait à croire que je comprendrais l'arabe, lui, que l'inondation venait du fait qu'il avait laissé un robinet ouvert (non sans blague?). Et compléta sa phrase en indiquant qu'il n'était pas 14 heures.

En effet, l'eau, censée revenir à 14 heures était revenue une heure plus tôt.

La qualité de l'espagnol de ce garçon me faisait penser qu'il était espagnol, ou tout au moins résident depuis longtemps, et que donc il aurait dû savoir que le respect des horaires n'engage que ceux qui y croient en Andalousie. Dis moi ce serait pas naïf ton deuxième prénom ?

En réalité, de mon côté, j'avais plutôt misé sur le fait que l'eau ne reviendrait que trois ou quatre heures plus tard que l'horaire initialement prévu. Mais faut dire que je suis bien plus vieille que ce jeune homme… On me la fait pas hein.

Notre conversation passionnante fut interrompue par l'arrivée dans le hall du rez-de-chaussée d'un petit groupe de personnes. J'étais en train de leur crier de faire attention à l'eau sans utiliser le mot glissant que je ne connaissais toujours pas, quand mon voisin choisit ce moment pour balancer vers le rez-de-chaussée une énorme trombe d'eau depuis son appartement…. le petit groupe du rez-de-chaussée se mit à hurler que de l'eau lui coulait dessus.

À ce moment-là, je regardai mon voisin avec un air dépité.

Mon indulgence à son égard était en train de se faire la malle.

Puis je décidai qu'il était temps pour moi de tourner les talons et d'aller déjeuner en compagnie du capitaine, Et accessoirement de, enfin, m'asseoir.

Mais comme je suis adorable (puisque je vous le dis), avant de fermer ma porte, je lui lançai un "bon courage" qui ne manqua pas de le faire sourire.

Il faut croire que mon humour avait un peu plus de succès avec lui qu'avec l'anglais.

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